Loin de l’image provocatrice de ses débuts, Tracey Emin vit aujourd’hui, en rémission d’un cancer, avec ses deux chats à Margate, dans d’anciens thermes victoriens qu’elle a fait rénover. Son abondante production, diffusée avec parcimonie sur le premier marché, contribue à stimuler la demande des collectionneurs, en phase avec la reconnaissance institutionnelle dont bénéficie désormais l’artiste.
C’est l’artiste contemporain que de nombreux collectionneurs s’arrachent. Tracey Emin a fait de son intimité un langage universel. « On a vu chez les collectionneurs, depuis une petite dizaine d’années, surtout au Royaume-Uni, un engouement pour son œuvre, qui s’inscrit aussi dans un mouvement de reconnaissance de l’art féminin », relève Gwendolyn Grolig, directrice chez Sotheby’s Benelux et spécialiste de l’art contemporain. « La manière directe et sincère avec laquelle Tracey Emin a abordé son vécu de femme en termes de sexe, de grossesse, d’avortement et de relations amoureuses ont pu choquer bien des gens à la fin des années 1990.