Présentée au FOAM d’Amsterdam, l’exposition Hometown de la jeune photographe chinoise Hailun Ma est l’exemple même d’une pratique photographique artistique formatée par l’industrie de la mode mondialisée : haute en couleur, bankable dans le marché en ligne et sans autre propos que de le faire savoir. En creux ici, et ce n’est pas un détail, un non-dit à propos de l’assimilation culturelle des Ouïghours au Xinjiang.
Voilà quinze ans à peine, il était difficile lorsqu’on parlait du travail des artistes chinois de ne pas évoquer leur relation au pouvoir. Pour nombre d’entre eux, la création s’apparentait à une résistance, si ce n’est politique au sens restreint, à tout le moins à l’évolution de leur pays. En ce y compris à sa
modernisation ultra rapide et à sa conversion aux lois du marché.