Entre désir de possession et capacité financière, émotion et rationalité, le collectionneur succombe ou résiste aux tentations sans fin du marché de l’art qui, au-delà des stéréotypes et clichés, cherche la voie vers une plus grande transparence.
Le prix atteint par la plupart des œuvres d’art peut sembler arbitraire. Pourquoi 121 millions de dollars pour un Magritte et 22,7 millions pour un Titien, et non l’inverse ? Bien sûr, il y a des réponses. Les images du peintre surréaliste sont, à la fois, très lisibles et mystérieuses et elles résonnent directement avec l’inconscient contemporain, alors que dans celles du maître vénitien, il y a de nombreuses clés qui nous échappent, l’art ancien étant désormais un art de niche apprécié par les connaisseurs. Aucune corrélation exacte n’existe entre les valeurs culturelle et économique d’un objet d’art. Mais, depuis bien longtemps, le XVIIe siècle, l’art est devenu un objet de commerce. Avec le grand boom artistique des années 1970, marqué par la prédominance de Londres et de New York sur le marché et par le développement des ventes aux enchères, certains lots se sont progressivement envolés pour atteindre des sommets stratosphériques.