Pendant des siècles, l’Occident ne s’est guère intéressé à l’art mongol. La culture forgée par Gengis Khan et ses héritiers n’était perçue, par les chroniqueurs des empires sédentaires, notamment chinois, que comme une force de destruction pure, une cavalerie sans esthétique, un rouleau compresseur insensible aux délicatesses de la création plastique. Cette perception est en train de changer rapidement, archéologues et institutions y trouvant un intérêt renouvelé à la faveur de découvertes et d’études récentes. Naturellement, le marché leur emboîte le pas, suscitant l’attention des collectionneurs dans des domaines aussi divers que les bronzes, les laques, les textiles et les objets en métal. Revue de détail.
Cette récente réévaluation s’apprête à connaître un moment de bascule, à l’occasion du 800e anniversaire de la mort du grand conquérant, dont l’empire, à son apogée au XIIIe siècle, le plus vaste que le monde ait jamais connu, s’étendait des Balkans à la péninsule de Corée. L’île aux musées de Berlin accueille ainsi une exposition montée en partenariat avec le Chinggis Khaan National Museum d’Oulan-Bator.