Pontormo

Pontormo, le vertige des corps

Alors que la Ville Éternelle accueille la première grande exposition monographique jamais consacrée à Pontormo, plongée dans l’univers d’un génie mélancolique qui osa briser les miroirs de la Haute Renaissance. Entre corps en apesanteur, drapés incandescents et audaces chromatiques, le maître du maniérisme florentin s’impose aujourd’hui comme l’écho troublant des angoisses contemporaines.

TEXTE : Christophe Dosogne

Il y a dans la peinture de Pontormo (1494–1557) un refus obstiné de la stabilité qui confine au vertige. Né Jacopo Carucci à Pontorme, près d’Empoli, le peintre traverse sa jeunesse comme une succession de deuils. Orphelin précoce, ballotté de tuteurs en ateliers, il apprend pourtant auprès des plus grands : Léonard de Vinci, Albertinelli, Piero di Cosimo, et enfin Andrea del Sarto. De ce dernier, il retient la maîtrise technique, mais rejette très vite le classicisme apaisé.