Danh Vō raconte l’histoire autrement, par fragments. Objets, lettres, morceaux de monuments…, tout circule et change de sens. On avance dans ses œuvres comme dans une mémoire, intime et politique. Ses installations, sensibles et troublantes, font dialoguer vie personnelle et grands récits, pour questionner ce que l’on croit évident.
Danh Vō est de ces artistes pour qui la biographie n’est pas un récit à ‘‘expliquer’’, mais une matière à déplacer, à citer, à faire résonner. Né au Vietnam en 1975, il grandit au Danemark après la fuite de sa famille en 1979. Un épisode fondateur qui inscrit d’emblée son œuvre sous le signe de l’arrachement, du passage, de la survivance et de la traduction. Installé aujourd’hui entre Berlin et Mexico City, l’artiste compose des constellations d’objets, de textes et d’images déjà chargés d’usage : documents, reliques, fragments et choses collectées, œuvres d’autres artistes… dont l’aura se reprogramme selon les mains qui les touchent et les contextes qui les cadrent. Chez lui, l’intime n’est pas un refuge : c’est un levier de pression pour sonder les formes du pouvoir, ses mécanismes, ses violences et ses moyens de séduction.