La National Portrait Gallery de Londres accueille la première grande exposition muséale de l’œuvre de l’artiste américaine Catherine Opie au Royaume-Uni. Elle réunit plus de quatre-vingt photographies couvrant trente ans d’une carrière grandement dédiée à la visibilité de la communauté LGTBQ+. Ceci particulièrement à travers des portraits qui, dans cette vénérable institution, viennent tutoyer les figures tutélaires de l’histoire britannique.
Aborder l’œuvre de la photographe américaine Catherine Opie (1961) oblige à réfléchir à la notion même du ‘‘portrait’’. Pas que les siens soient particulièrement novateurs dans leur facture, on peut même dire qu’ils sont assez conventionnels, mais le discours qui les accompagne nous les donne à lire sous l’angle du militantisme bien plus que sous celui de la représentation individuelle, artistique ou non. C’est bien entendu loin d’être fortuit. Catherine Opie est née dans une famille de la classe moyenne de l’Ohio, dont le père était un homme d’affaires conservateur.