A l’heure de son bicentenaire, la production cristallière du Val Saint-Lambert se distingue par un marché discret, encore abordable, mais structuré par quelques segments de qualité muséale. Entre verres courants, à quelques dizaines d’euros, et pièces d’exception, adjugées en dizaines de milliers, le champ reste ouvert aux collectionneurs avertis.
Pour Sylvain Berkowitsch, antiquaire spécialisé, propriétaire de l’enseigne Au Fil du Temps, « il y a deux marchés. D’un côté, la grande masse de la verrerie produite en quantité, où les prix restent modestes, sauf provenance ou signature exceptionnelles. De l’autre, un segment resserré, centré sur l’Art nouveau, notamment les pièces signées Léon Ledru, des frères Henri, Désiré et Eugène Müller, qui furent apprentis dans l’atelier d’Emile Gallé, et les rares pâtes de verre de Philippe et Marcel Wolfers. Ces œuvres, souvent parties à l’étranger à l’époque de la splendeur de la manufacture, réapparaissent régulièrement dans les ventes internationales. »