La collection himalayenne de Liliane et Michel Durand-Dessert, mise ce mois-ci en vente par Millon à Drouot, révèle un ensemble de 160 œuvres, où la sculpture rituelle, entre protection et mémoire, retrouve toute sa charge plastique. Héritiers d’une passion forgée dans l’art d’après-guerre, le couple a toujours su identifier les formes qui déplacent le regard avant de les installer dans l’Histoire.
Il est des collections qui ne se contentent pas d’additionner les œuvres, mais dessinent une pensée. Celle que Liliane (1944-2022) et Michel (1945) Durand-Dessert ont constituée autour des arts de l’Himalaya relève précisément de cette intuition rare, à la fois sensible et intellectuelle. Présenté, en cette rentrée, comme un dernier chapitre après la dispersion de leur collection précolombienne, cet ensemble de pièces, provenant principalement du Népal, impose un territoire où l’objet ne se réduit jamais à son statut ethnographique. Il agit, protège, convoque, transmet.