En 2026, ce n’est plus Paris mais Londres qui se prépare à basculer dans le fameux rose shocking. Le Victoria and Albert Museum consacre ainsi à Elsa Schiaparelli, et à la maison qu’elle a fondée, la première grande exposition jamais organisée au Royaume‐Uni. Plus qu’une rétrospective, il s’agit d’une véritable prise de position : faire de Schiaparelli le cas exemplaire d’un moment où le vêtement cesse d’être un accessoire de la vie mondaine pour se changer en médium artistique à part entière.
Devenir une des plus grandes couturières du XXe siècle, qui plus est inspiratrice des artistes, était peut-être, bien plus que pour sa meilleure ennemie et contemporaine, Coco Chanel, une évidence pour Elsa Schiaparelli (1890-1973). De fait, née au palais Corsini à Rome, au sein d’une famille d’universitaires et d’aristocrates, « cette artiste italienne qui fait des robes » avait reçu bien plus au départ que sa rivale, pauvre orpheline corrézienne abandonnée aux soins des religieuses de l’abbaye d’Aubazine, et que la future Schiap’, pour les intimes, ne se privait pas de qualifier de « petite bourgeoise morose ».