A Londres, la nouvelle exposition du Victoria & Albert Museum met en scène, non pas la dernière reine de France, mais une visionnaire de goût, une pionnière du soft power par les arts et la mode. Elle nous plonge dans l’univers de Marie-Antoinette, dont l’écho moderne résonne encore aujourd’hui.
Marie-Antoinette (1755-1793) est la seule reine à avoir marqué la cour de Versailles de son propre goût. Un penchant pour le champêtre, les lignes simples et géométriques et un vocabulaire antiquisant caractérisent ses choix esthétiques, mélange de rococo, de néoclassicisme et d’influence anglaise, avec un fort penchant pour le raffinement et la féminité. À ce tropisme est associé un art de vivre personnel, répondant aux aspirations d’une souveraine fuyant, dès qu’elle le peut, ses responsabilités et les contraintes constantes de la représentation monarchique, coupée dès lors des réalités de la vie de ses sujets. Sarah Grant, commissaire de l’exposition londonienne, décortique la fascination inaltérable qui entoure la souveraine et la dimension contemporaine d’une personnalité malmenée par l’Histoire : « Chaque génération l’a réinterprétée, incorporant des éléments de son style à ses propres fins.