Aux origines d’un art du fragment, la micro-mosaïque de verre s’apparente à une énigme à l’italienne, une prouesse qui concentre la magie de l’Antiquité et l’extrême raffinement des artisans romains du XVIIIe siècle. Demeurée longtemps le secret d’ateliers clos et de fabricants de rêves, elle s’ouvre aujourd’hui à de nouvelles perspectives, portée par des créateurs, collectionneurs et artistes, qui y voient le symbole d’une résistance active à la standardisation, à l’obsolescence et à l’instantanéité du monde actuel.
Ce qui distingue l’art de la micro-mosaïque de verre, c’est cette faculté à abolir l’évidence du fragment, à rendre la jointure invisible, à recomposer la matière en une image continue, délicieusement troublante. Héritière d’une tradition qui remonterait à plus de six mille ans, lorsque les premières mosaïques se dessinaient entre les galets de Mésopotamie, la micro-mosaïque condense, dans sa précision, toute l’évolution des techniques anciennes, passant des compositions de marbre à la pâte de verre jusqu’aux smalti filati, ces baguettes colorées, fruits d’une alchimie de la flamme, réduites à la finesse d’un cheveu.