200 jaar fotografie

Retour sur l’image argentique

Jusqu’en septembre prochain, à travers les nombreuses initiatives de son Ministère de la Culture, la France célèbre le Bicentenaire de la Photographie. Celui de la réalisation, en 1827, par Nicéphore Niépce de la plus ancienne image sur une plaque sensible encore existante aujourd’hui. Une prise de vue aux tout débuts d’un bouleversement profond des manières de voir et de montrer. Suivirent deux siècles d’une pratique de la photographie argentique, désormais révolue, mais qui déjà suscite la nostalgie d’artistes nés avec le numérique.

TEXTE : Jean-Marc Bodson

Lorsqu’elle demande de prendre un portrait d’elle-même qui laisse peu voir de son visage, la comtesse de Castiglione n’a pas trente ans. Nous sommes à Paris, au milieu des années 1860, dans le studio réputé de la maison Mayer & Pierson. L’annonce officielle de l’invention de la photographie (1839) n’a alors pas un quart de siècle et la toute première image qu’il nous reste aujourd’hui de ces temps pionniers, un cliché sur étain réalisé par Nicéphore Niépce en 1827, tout au plus quatre décennies. Largement ignoré alors, c’est pourtant cet événement fondateur dont l’Etat français a décidé de célébrer le bicentenaire, dès cette année et jusqu’à l’an prochain, avec une ampleur toute particulière.