À l’occasion de Soul Witness, première exposition consacrée à Ali Cherri au WIELS, nous entrons dans son œuvre par Of Men and Gods and Mud. Une pièce emblématique dans laquelle toutes les strates de son travail (film, sculpture, matière, mythe, politique) entrent en collision pour questionner les récits et les mécanismes de la mémoire.
Il y a, dans l’œuvre d’Ali Cherri (1976), des soldats qui attendent, des gardiens qui veillent, des endeuillés, des statues mutilées et des créatures trop fragiles pour prétendre à l’éternité ; aucun héros, pourtant. Né à Beyrouth, installé à Paris, l’artiste développe une œuvre où cinéma, sculpture, dessin et installation auscultent la manière dont les États, les armées et les musées fabriquent la mémoire collective. Chez lui, l’Histoire ne repose jamais tranquillement dans les vitrines : elle demeure active, instable, traversée d’intérêts, d’effacements et de survivances.