Vaneyck

Jan van Eyck, bien plus qu’un maître

Jan van Eyck n’a pas seulement révolutionné la représentation du réel. Il a aussi exploré le pouvoir de la peinture, soit persuader, tromper, émerveiller et inciter à un regard toujours plus intense. L’exposition Van Eyck : Les Portraits réunit pour la première fois, à Londres, ses dix portraits conservés. Derrière cet artiste, d’une maîtrise exceptionnelle, se révèle un peintre remarquablement conscient de son talent, de sa paternité et des possibilités intellectuelles de son art.

TEXTE : Els Bracke

Observons le cadre du portrait de Marguerite van Eyck. On pense à du marbre poli ; de sombres veines parcourent la pierre, de petites lettres dorées y sont gravées. Puis, regardons sa main ; des veines bleues sillonnent sa peau pâle. Ici, pierre et chair se font presque écho. Sauf que ce marbre n’existe pas, il s’agit de bois et de peinture. En réalité, le type de pierre que Jan van Eyck (ca. 1390-1441) a si fidèlement reproduit n’existe probablement pas non plus.